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 Bulletin de santé de Louis XI

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L'arbalestrier
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MessageSujet: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 15:27

Pour les tendances maniaco-dépressive ;-)
de Charles le Téméraire se reporter
à l'ouvrage cité ci-dessous.


Louis XI

Pierre Rentchnick
Ces malades qui font l'Histoire
éditions Plon (1983)


Longtemps, Louis XI est resté un roi méconnu jusqu'à la publication de récentes biographies dont celle de l'historien américain Paul Murray Kendall. Ce roi a cependant joué un rôle important en liquidant définitivement la guerre de Cent Ans et en faisant, avec l'aide des Suisses, la conquête du duché de Bourgogne après les batailles de Grandson, Morat et Nancy; enfin, il restaura le pouvoir royal et accentua la réalisation de l'État français.
Dès l'âge de cinquante-cinq ans, Louis présente des troubles du comportement plus marqués: suspicion, mesures arbitraires, isolement, les animaux remplaçant les humains, attitudes «paranoïdes», où se mêlent méfiance, absence d'autocritique et orgueil, sclérose cérébrale, tous symptômes qui apparaissent ouvertement ou entre les lignes dans les chroniques de Philippe de Commynes. Puis c'est la série des accidents subis par les vaisseaux du cerveau qui aboutiront à la mort le 30 août 1483, et que le chroniqueur décrit dans le chapitre intitulé « Comment le roy Loys, par une malladie, perdit aucunement le sens et la parolle, guerissant et rencheant par diverses fois, et comme il se maintenoit en son chasteau du Plessis lez Tours ». On croit lire les souvenirs de Lord Moran sur Winston Churchill... cinq siècles plus tard.

Roi bourgeois, sans prestige et sans apparence chevaleresque, Louis XI avait un physique particulier : le menton pointu, la silhouette voûtée, l'oeil vif, tour à tour perfide et cruel, ou patelin et velouté, la démarche sautillante, mal assurée, la mise modeste, à la limite du ridicule, avec un curieux chapeau pointu à longue visière, et non dans le style des « rois chevaliers ».

Il se donne d'abord les moyens du pouvoir en mettant de l'ordre dans son administration en choisissant avec soin ses conseillers parmi des gens compétents. Dans les provinces, il lui faut des gouverneurs qui exécutent ses ordres. Il crée onze gouvernements militaires pour tenir en main les provinces et organise son armée, car la guerre est son affaire et il lève des impôts en conséquence.

Bien servi par ses officiers, disposant de finances saines, d'une justice dévouée et d'une armée régulière, Louis XI pouvait partir à la reconquête de son royaume, et pour ce faire il fallait abattre la Bourgogne. Ce n'était pas une mince affaire, car à la fin de la guerre de Cent Ans, la Bourgogne était la plus riche partie de France. En outre, Charles le Téméraire, en épousant la soeur d'Édouard IV, roi d'Angleterre, renouait la vieille alliance Angleterre - Bourgogne contre la France.

Louis XI ne pouvait prendre de front le puissant duc de Bourgogne. Il commença ses grandes manoeuvres diplomatiques dans les Flandres, s'efforçant d'y susciter des révoltes contre son rival. Charles le Téméraire se mit bientôt sur pied de guerre. Il fit une rapide campagne, réduisit les révoltes et contraignit le roi Louis à faire un humiliant voyage à Liège. Prisonnier à Péronne, il avait dû assister, impuissant, au dur châtiment des Liégeois qui s'étaient révoltés sur son conseil.

Mais Charles le Téméraire fut moins heureux par la suite et, montrant des tendances maniaco-dépressives, s'agita tous azimuts, se heurta aux Suisses (batailles de Grandson et de Morat) et fut tué sous les remparts de Nancy. Louis XI, qui s'était entendu avec les Suisses, était débarrassé providentiellement d'un adversaire acharné et il exploita son avantage en envahissant la Bourgogne et la Picardie. Grand rassembleur de terres, Louis XI avait reconstitué son royaume par le jeu des conquêtes et des héritages, sur des bases féodales, mais dans un esprit moderne visant à créer un Etat unitaire.

Après avoir situé rapidement le règne de Louis XI, reprenons quelques éléments biographiques. Né le 3 juillet 1423, mort le 30 août 1483, il vécut soixante ans et régna une vingtaine d'années. Présentant des troubles du comportement, il sembla s'être réfugié par instants dans le monde animal et l'on connaît sa zoophilie. Energique et de constitution robuste, de taille moyenne, avec des membres inférieurs grêles et un peu arqués, une grosse tête chauve de bonne heure, il eut une tendance à l'obésité, aimant bien le boire et le manger qui devaient entretenir une hypertension se manifestant notamment par des crises hémorroïdaires dont il souffrit depuis l'âge de vingt-quatre ans. Il semble avoir souffert également de troubles hépatiques à l'âge de quarante-six ans. A cette époque (1469), on voit Guiot de Morennes, marchand de pintes d'étain, demeurant à Tours, vendre deux flacons à Olivier le Mauvais, barbier du roi, pour mettre l'eau de rose et le « fumeterre ». L'eau de rose, comme les parfums, est employée si généralement pour réjouir le cerveau et le coeur qu'il est impossible d'en tirer une indication quelconque. Quant au « fumeterre », nommé vulgairement dans la pharmacopée « l'herbe à jaunisse », cette plante était considérée comme un stimulant du foie. Deux ans plus tard, Louis XI qui s'intéresse beaucoup à la médecine fit emprunter à la faculté de médecine de Paris la copie du manuscrit de Rhazès, médecin arabe du IX° siècle, qui était le joyau de sa collection.

En 1473, on signale une affection cutanée, peut-être eczémateuse et il commence à s'entourer de nouveaux médecins envers lesquels il se montre généreux.

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MessageSujet: Re: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 15:29

Le premier accident circulatoire.

« Je trouvai un peu le roi notre maître envieilli ; et commençait à soi disposer [à être sujet] à maladie. Toutefois, il n'y parut pas si tôt et conduisait toutes les choses par grand sens », écrivit Philippe de Commynes (à qui l'on doit de merveilleuses chroniques sur Charles le Téméraire et sur Louis XI), parlant de son retour d'Italie en octobre 1478. Durant l'année suivante, les envoyés de la Triple Alliance notèrent que Louis XI était « chaque jour plus isolé », plus contrariant et plus irascible, « comme le sont les gens sur le déclin de l'âge ». Il était sujet à des accès de fièvre et à des refroidissements; apparemment, il avait des crises de goutte et commençait à souffrir d'une maladie de peau, une inflammation parente de la névrodermite, lésion très « démangeante » qui survient fréquemment chez les sujets névrotiques.
Comment le roi Loys, par une malladie, perdit aucunement le sens de la parole, guérissant et rencheant par diverses fois, et comme il se maintenoit en son chanteau du Plessis lez Tours.

« Durant(1) ce temps, qui est l'an mil quatre cens soixante dix neuf, au moys de mars, le Roy commençait à vieillir(2) et devenir mallade : et estant aux Forges, pres Chinon, à son disner [luy] vint comme une percution(3), et perdit la parolle. Il fut levé de table, et tenu pres du feu, et les fenestres closes : et combien qu'il s'en voulsist approucher, l'on l'en garda (aucuns cuydoient bien faire) ; et fut l'an mil quatre cens quatre vingt, au moys de mars, que ceste malladie luy print. Il perdit de tous points la parolle, et congnoissance(4) et mémoire. Sur l'heure y arrivastes vous, monseigneur de Vienne, qui pour lors estiez(5) son medicin, et sur l'heure luy feistes bailler ung clistere, et ouvrir les fenestres et bailler l'air; et incontinent quelque chose(6) de parolle luy revint, et du sens : et monta à cheval(7) et retourna aux Forges, car ce mal lui print en une petite paroisse, à ung quart de lieue de là, où il estoit allé oyr la messe.

« Ledit seigneur fut bien pansé, et faisoit signes de ce qu'il vouloit dire. Entre les autres choses, demanda l'official de Tours pour se confesser, et fit signe que l'on me mandast : car j'estoys à Argenton, qui est à quelques lieues de là. Quant j'arrivay, le trouvay à table, avec luy maistre Adam Fumee(Cool, qui autresfois avoir esté medicin du roi Charles son père, à ceste heure, que je parle, maistre des requestes, et ung outre medicin, appelé maistre Glaude. Il entendoit peu de ce que on luy disoit ; mais de douleur, il n'en sentoit point : il me fist signe que je couchasse en sa chambre : il ne formoit gueres de motz. Je le servy l'espace de quinze jours(9) à table et à l'entour de sa personne, comme valet de chambre : que je tenoye à grant honneur, et s'y estoye bien tenu. Au bout de deux ou trois jours, la parolle luy commença à revenir et le sens : et luy sembloit que nul ne l'entendoit si bien que moy, parquoy vouloit que tousjours me tinsse aupres de luy : et se confessa audit official, moy present, car autrement ne se fussent entendus. Il n'avoit pas grans parolles à dire, car il s'estoit confessé peu de jours paravant, pour ce que, quant les roys de France veulent toucher les mallades des escruelles ilz se confessent : et nostre Roy n'y failloit jamais une foys la sepmaine. Si les autres ne le font, ilz font tres mal, car tousjours y a largement mallades.

« Comme il se trouva ung peu amendé, il commença ,s'enquerir qui estoient ceulx qui l'avoient tint(10) par force. Il luy, fut dit, incontinent(11) les chassa tous de sa maison. A aucuns osta leurs offices, et oncques puis ne les veit : aux autres, comme monseigneur de Segre et Gilbert de Grassay, seigneur de Champerroux, n'osta riens; mais les en envoya(12).

« Beaucoup furent esbahys de ceste fantasie, blasmerent ce cas, disans qu'ilz l'avoient faict pour bien(13), et disoient vray ; mais les ymaginations des princes sont diverses, et ne les peuvent pas entendre tous ceulx qui se meslent d'en parler.

« Il n'estoit riens dont il eust si grant crainte que de perdre son auctorité(14), qu'il avoit bien grande, et que on luy desobeist en quelque chose que ce fust. D'autre part, il scavoit que(15) le roy Charles, son pere, quant il print la maladie dont il mourut, entra(16) en ymagination qu'on le vouloit empoisonner à la requeste de son filz, et s'y mist si avant qu'il ne voulut pas manger parquoy fut advisé, par le conseil des medicins(17) et de ses plus grans et speciaulx serviteurs, qu'on le feroit manger par force : et ainsi fut faict par grant deliberation et ordre des personnes qui le servoient, et luy fut mys des coullis en la bouche : peu après(18) ceste force, ledit roy Charles mourut.

« Ledit roy Louys, qui de tout temps avoit blasmé ceste façon, print tant à cueur que merveilles ce que ainsi on l'avoit tenu(19) par force : et en faisoit plus de semblant qu'il ne luy tenoit au cueur, le principal fons de ceste matiere, qui le mouvoit, estoit de peur qu'on ne le voulsist mestrier(20) Il en toutes autres choses, comme en expedition de ses affaires et matieres, sur couleur de dire que son sens ne fust pas bon(21).

« Quant il eut faict ce espaventement(22) à ceulx dont j'ay parlé, il s'enquist de l'expedition du conseil et despesches qu'on avoit faict en dix ou douze jours [qu'il avoit esté mallade(23), dont avoient la charge l'evesque d'Alby, son frere le gouverneur de Bourgongne, le mareschal de Gyé, et le seigneur du Lude (car ceulx là se trouverent à l'heure que son mal luy peint, et estoient tous lougez(24) soubz sa chambre, en deux petites chambrettes qu'il y avoit), et voulut veoir les lettres closes qui estoient arrivées et qui arrivoient chascune heure : l'on luy monstroit les principalles, et je les luy lisoye. Il faisoit semblant de les entendre, et les prenoit en sa main, et faisoit semblant de les lire, combien qu'il n'eust nulle congnoissance, et disoit quelque mot, ou faisoit signe des responces qu'il vouloit qui fussent faictes. Nous faisions peu d'expeditions, en attendant la fin de ceste malladie car il estoit maistre avec lequel il falloit charrier droit. Ceste malladie luy dura environ quinze jours, et revint, quant au sens et à la parolle, en son premier estat ; mais il demoura foible, et en suspiction de retourner en cest inconvenient : car naturellement il estoit enclin à ne vouloir croire le conseil des medicins. »

Datation du premier accident cérébral de Louis XI.

On sait les difficultés d'interprétation des textes anciens. Pour en donner un exemple, Kendall montre la légèreté avec laquelle on peut dater des événements historiques:
« Les deux seuls documents dont nous disposions pour dater la première thrombose (oblitération d'un vaisseau par un caillot) cérébrale de Louis XI nous sont fournis par Commynes (Mémoires, éd. Mandrot, t. II, p. 39) et par le chroniqueur parisien Jean de Roye (Chronique scandaleuse, t. II, p. 104). Ce dernier place cette attaque en mars 1481 (quoique à Plessis-lès-Tours). Commynes, dont les dates sont parfois inexactes, affirme tout d'abord que la maladie frappa le roi en mars 1480, alors qu'il se trouvait aux Forges, près de Chinon ; cependant, trois phrases plus loin seulement, il déclare qu'elle survint en mars 1481. Quoique cette date de 1481 fût autrefois universellement admise, des historiens français du XX° siècle comme B. de Mandrot (éd. Commynes, t. II, p. 39, note 3) et G. Dodu (« Louis XI », dans Revue historique, CLXVIII (1931), pp. 55-57) l'ont remise en question pour situer l'attaque en mars 1479 - bien que rien ne vînt étayer cette hypothèse sinon que Louis était effectivement aux Forges en mars de cette année-là ou, comme Charles Petit-Dutaillis (dans Lavisse, Histoire de France, t. IV, deuxième partie, p. 148) et Pierre Champion (Louis XI, t. II, pp. 309-310), en mars 1480, suivant en cela la première déclaration de Commynes. Pour ce qui est de mars 1479, nous avons la preuve que cette date est incorrecte. En effet, si l'on en croit Commynes (t. II, pp. 40 et 42), parmi ceux qui se trouvaient présents lors de cette première attaque se trouvaient l'évêque d'Albi et Adam Fumée, le médecin royal. Or, en mars 1479, l'évêque était en Savoie ou quelque part dans les territoires bourguignons : trois lettres, que lui adressa Louis les 17 février, 24 et 26 mars (Lettres, t. VII, pp. 259-261, 277-278, 281-282) nous apprennent en effet qu'il accomplissait alors une mission en Franche-Comté, qu'il venait de rallier à la cause du roi. De plus, dans sa lettre du 17 février, Louis XI déclare qu'il s'occupe d'envoyer Adam Fumée en Savoie auprès du duc Philibert. Enfin Commynes rapporte que, durant la maladie du souverain, les conseillers royaux s'efforcèrent d'éviter une augmentation de la taille qu'on percevait alors pour payer sa nouvelle « armée du camp » ; or celle-ci ne vit le jour que bien après la bataille de Guinegate, qui eut lieu en août 1479. De même, la date de 1480 peut être éliminée pour diverses raisons. Tout d'abord, si l'on s'en rapporte à son « itinéraire » (Lettres, t. XI), il n'est pas possible que Louis XI se soit trouvé aux Forges en mars de cette année-là; ensuite, ce que nous dit Commynes de l'impôt levé pour l' « armée du camp » ne correspond pas à cette date; enfin, toujours d'après Commynes, l'attaque survint durant une période de trêve entre Maximilien et Louis XI, alors qu'en mars 1480 ils se livraient ouvertement bataille.
Quant à la date de mars 1481, que nous avons adoptée ici, non seulement elle correspond au témoignage de Jean de Roye comme à la seconde affirmation de Commynes, mais d'autres raisons viennent encore la confirmer. D'après son « itinéraire », nous savons que le roi se trouvait aux Forges entre fin février et début mars 1481. A cette époque, l' « armée du camp » était devenue une réalité, et il y avait effectivement une trêve entre Louis et Maximilien. Par ailleurs, à la fin du printemps 1481, Maximilien informait Edouard IV qu'à l'occasion d'une mission en France, des ambassadeurs allemands, qu'il avait reçus assis, avaient pu constater que le roi paraissait très malade. Enfin, la façon brutale dont Louis refusa d'accorder une audience aux envoyés de Maximilien en avril de cette année-là (Lettres, t. IX, pp. 2426), tout comme le don qu'il fit le mois suivant à Saint Jacquesr de Compostelle - don si important qu'il fallut remettre à plus tard le paiement de certaines pensions - paraissent également pouvoir s'inscrire à l'appui de notre thèse. Il semble donc qu'il n'y ait guère de raisons pour douter que mars 1481 soit bel et bien la date à laquelle Louis XI fut victime de sa première attaque

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MessageSujet: Re: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 15:30

La deuxième thrombose.

Au mois de septembre (1481), alors qu'il était au Plessis, il eut une nouvelle attaque. Couché sur une paillasse dans une galerie du château, il « fut bien deux heures qu'on croyait qu'il fût mort ». Les seigneurs d'Argenton et du Bouchage imploraient l'aide du ciel:
« [Nous] le vouâmes à Monseigneur saint Claude et tous les autres qui étaient présents l'y vouèrent aussi. Incontinent la parole lui revint, et sur l'heure alla par la maison, très faible. »
Entre novembre et décembre, le roi passa un mois chez Commynes, à Argenton, où il « fut fort malade »; de là, il s'en alla à Thouars où il demeura jusqu'à la fin de février 1482, et où « semblablement fut malade ». Le 19 décembre, il avait écrit au prieur du monastère de Salles, à Bourges:
« Je vous prie tant que je puis que vous priiez incessamment Dieu et Notre-Dame-de-Salles pour moi, à ce que leur plaisir sait m'envoyer la fièvre quarte, car j'ai une maladie dont les physiciens disent que je ne puis être guéri sans l'avoir [.... ]. Quand je l'aurai, je vous le ferai savoir incontinent... »

La fièvre quarte (fièvre intermittente d'origine paludéenne), considérée proverbialement comme la plus redoutable des fièvres, paraissait devoir délivrer d'autres maladies et de certaines mélancolies.

On sait qu'en 1927 Wagner von Jauregg recevra le prix Nobel de médecine pour avoir préconisé les cures de malaria(25) pour le traitement d'une certaine forme de syphilis.

A la mi-mars 1482, conformément au voeu de Commynes et de Bouchage, Louis XI entreprit le long voyage qui devait l'amener à Saint-Claude, dans les montagnes franc-comtoises. Manifestement, il envisagea la possibilité de ne pas revenir vivant : il nomma Pierre de Beaujeu, son gendre, le frère cadet du duc de Bourbon, lieutenant général du royaume pendant son absence; en outre, il s'arrêta à Amboise, pour rendre visite à Charles, son fils et héritier. Aux environs du 10 avril, Philippe de Commynes, qu'une mission avait conduit en Savoie, le rejoignit à Beaujeu, dans le Beaujolais

« [Je] fus ébahi de le voir tant était maigre et, défait, note le fidèle conseiller, et m'ébahissais comme il pouvait aller par pays; mais son grand coeur le portait.rlaquo;

Vers le 20 avril, le roi atteignit enfin l'église de Saint-Claude. Pour le confier à ce saint-là, il fallait que ses intimes eussent bien compris leur souverain. En effet, Louis le connaissait depuis fort longtemps. Il s'était arrêté en ces lieux en 1456 déjà, tandis qu'il fuyait le Dauphiné; et, depuis lors, il avait fait à son autel de nombreuses offrandes. Par ailleurs, c'était là qu'avait vécu Jean de Gand, le saint ermite qui, alors que les Anglais envahissaient le royaume, avait un jour prédit au dauphin Charles, son père, qu'il allait avoir un héritier mâle, et que cet héritier régnerait en tant que roi de France.

Une fois son voeu accompli, Louis gagna par petites étapes le cours supérieur de la Loire, où il semble avoir pris le bateau pour faciliter son voyage. Le 8 juin (1482), il était arrivé à Cléry, où il demeura cloîtré dans sa résidence favorite.

Des mois auparavant, après son exhortation au dauphin en septembre 1481, Louis s'était installé au Plessis-du-Parc-lès-Tours. C'était la dernière de ses nombreuses retraites; une retraite dont lui, qui était si souvent revenu à la vie, savait ne jamais plus devoir sortir. Contre la mort, les multiples ressources de son esprit toujours fécond ne pouvaient plus lui servir de rien. Cependant, il lutterait aussi longtemps qu'il le pourrait, et par tous les moyens possibles. Ainsi se refermait cette vie dont les premiers jours s'étaient écoulés dans l'ombre du château de Loches, et que résumait aujourd'hui un corps débile tassé dans un fauteuil.

Louis avait fait du Plessis une forteresse où seuls quelques rares élus osaient pénétrer. Les chemins des environs étaient semés de chausse-trapes où venaient donner les chevaux de quiconque essayait d'approcher par une voie détournée. Le château était entouré d'un fossé - et d'un mur fiché de broches à plusieurs dents scellées dans la maçonnerie. A l'intérieur de l'enceinte, une grille de fer constituait une seconde ligne de défense. Les deux étages de brique qui formaient le bâtiment lui-même étaient construits autour d'une cour fermée sur trois côtés. Aux quatre coins se dressaient des guérites de métal susceptibles d'être déplacées, ce qui « était chose triomphante et coûta plus de vingt mille francs ». Les quarante archers qui s'y tenaient en permanence avaient ordre de tirer sur tout ce qui bougeait aussitôt qu'on avait fermé les portes et levé le pont-levis. Quatre cents hommes patrouillaient nuit et jour sur les murailles et aux alentours du château. Dès qu'à huit heures du matin la grille d'entrée était ouverte et le pont-levis abaissé, des officiers arrivaient pour organiser la garde de jour, « comme en une place de frontière étroitement gardée ».

Cependant, à l'intérieur, Louis avait fait de cette forteresse une demeure confortable et charmante, aux appartements spacieux, simples et gais. Des peintures exécutées par le célèbre Jean Bourdichon et sans doute aussi par Jean Fouquet, le « peintre du roi », en éclairaient les murs. Au travers des pièces, soutenu chacun par trois anges de trois pieds de haut, on pouvait voir cinquante « grands rouleaux » d'azur et d'or, sur lesquels était écrit : Misericordias Domini in Aeternam Cantabo (je chanterai à jamais la miséricorde divine).

Solitude, suspicion et zoophilie.

Louis passait ses journées dans la vaste galerie dont les fenêtres s'ouvraient sur la cour et la campagne avoisinante. Pour tous compagnons, il avait ses lévriers favoris et ses oiseaux, dont la multitude bavarde et colorée s'ébattait dans des cages ou volait librement autour de lui. Pour l'empêcher de s'assoupir, un orchestre champêtre, qui comptait plusieurs bergers du Poitou, jouait sous ses fenêtres des mélodies populaires qui lui rappelaient le bon temps où il pouvait sans peine courir les campagnes et les bois de sa France bien-aimée.
Au mois de décembre l'état du roi était vraiment pitoyable et tragique. Quand les envoyés de Gand lui apportèrent, pour qu'il prêtât serment, le traité d'Arras (1482) consacrant le mariage du dauphin avec Marguerite d'Autriche et consolidant les gains territoriaux de sa politique, le roi s'excusa de ne pouvoir se lever ni se découvrir devant eux. Il demanda la permission de toucher l'Evangile de la main gauche, car il avait le bras droit en écharpe, paralysé de tout un côté. Il était si peu maître de ses mouvements que le coude de son bras droit toucha aussi le livre, ce qui fit rire l'assemblée, au témoignage du venimeux Basin. Une charmante lettre de la fille de Louis XI, Anne de Beaujeu, nous montre qu'il souffrait de la goutte.

Prisonnier de la maladie, il était aussi prisonnier de ses craintes. Par-dessus tout, il redoutait qu'on profitât de sa faiblesse pour lui arracher le pouvoir et le contraindre à vivre « comme un homme qui a perdu la raison ». Aucun seigneur ni aucun prince ne vivait au château du Plessis, où nul personnage n'avait le droit d'entrer avec sa suite. Parmi les grands féodaux, seul Pierre de Beaujeu, son gendre, avait la permission de voir le roi. C'est à lui et à sa fille Anne que Louis avait décidé de confier la régence et la garde du dauphin. Pour ceux qui connaissaient la famille royale, la comtesse de Beaujeu était, par son intelligence et sa force de caractère, l'image même de son père.

Son esprit soupçonneux avait amené Louis à remplacer nombre de vieux serviteurs par des étrangers. Il renouvelait constamment ses gardes et ses domestiques « La nature, disait-il, aime les changements. » Trop faible pour s'occuper des affaires de l'Etat à moins que celles-ci ne revêtissent un caractère d'urgence, il se mit peu à peu à craindre que ses sujets et les peuples voisins ne finissent par le croire mort : aussi avait-il recours à toute espèce de stratagème pour montrer à autrui qu'il était toujours le maître de la France. Renvoyant des officiers, procédant à de nouvelles nominations, rognant ou augmentant les pensions, « il passait son temps, comme il le confia à Commynes, à faire et à défaire des gens». Pour maintenir ses voisins dans l'idée qu'il était toujours bien en vie, il se servait de son amour bien connu des bêtes et se procurait toutes sortes d'animaux qu' « il faisait acheter plus cher que les gens ne les voulaient vendre ». Partout, il commandait des chiens. « En Sicile, envoya quérir quelque mule, spécialement à quelque officier du pays, la payant au double » ; à Naples, des chevaux; en Barbarie, une espèce de petits loups appelés adives ; au Danemark et en Suède, des élans et des rennes, et, « pour avoir six de chacune de ces bêtes, donna au marchand quatre mille cinq cents florins d'Allemagne ». Cependant, lorsque ces animaux arrivaient au Plessis, il était souvent trop malade pour leur prêter la moindre attention, et la plupart du temps, il ne parlait même pas à ceux qui les lui avaient apportés.

Lui qui n'avait jamais accordé une confiance particulière aux médecins, était maintenant la victime de l'un d'eux, un certain Jacques Coitier, homme brutal, rusé et impudent qu'habitait une soif insatiable de puissance et d'argent. Devenu clerc ordinaire à la Chambre des comptes en 1476, Coitier passa bientôt vice-président ; ensuite de quoi, Louis, dominé par la crainte de mourir, le nomma président de la Chambre en octobre 1482, et le dispensa de remplir les fonctions attachées à sa charge. Au travers des terres et des offices qu'il reçut, on peut lire le triste ascendant que cet opportuniste sans scrupules acquit peu à peu sur le roi. Au début de l'année 1483, il réussissait à obtenir l'évêché d'Amiens pour son neveu, et tirait de Louis, sous forme de gages, un revenu mensuel de dix mille écus d'or.

« Ledit médecin, note Commynes, lui était si très rude, que on ne le dirait pas à un valet les outrageuses et rudes paroles qu'il lui disait; et si le craignait tant ledit seigneur qu'il n'eût osé le renvoyer.»

Les forces de Louis s'amenuisaient chaque jour davantage. Lui qui avait semblé mieux fait pour gouverner un monde qu'un royaume », était maintenant si maigre et si décharné qu'il avait du mal à porter sa main à sa bouche. Il refusait toujours de se coucher sur ce qui eût été son lit de mort, et restait installé dans la galerie qu'il affectionnait. Pour tromper la maladie, il s'habillait de soies et de satins aux riches couleurs doublés de précieuses fourrures. A ses intimes, il avait confié qu'il ne pensait pas atteindre soixante ans ; depuis un siècle, disait-il, aucun roi de France n'a dépassé cet âge-là. Ces fameux soixante ans, il devait les fêter le 23 juillet. Pour Commynes:
« Oncques homme ne craignit tant la mort ni ne fit tant de choses pour y mettre remède. Et avait tout le temps de sa vie prié à ses serviteurs et à moi que, si on le croyait en nécessité, que on ne le dît point, et que l'on l'émût seulement à se confesser, sans lui prononcer ce cruel mot de la mort ; car, il lui semblait, n'avait pas coeur d'ouïr une si cruelle sentence».

Le 25 mai, après avoir reçu un message de son chancelier, Louis écrivit à celui-ci « Je vous mercie pour vos lettres [...] mais je vous prie de ne m'en envoyer plus par celui qui les a apportées, car je lui ai trouvé le visage terriblement changé depuis que je ne le vis, et vous promets pour ma foi qu'il m'a fait grand peur. »

Le roi ne négligeait aucune des ressources, célestes ou autres, susceptibles de prolonger sa vie. Durant sa dernière année, il dépensa plusieurs centaines de milliers de francs en offrandes, qu'il distribua non seulement à ses chapelles et à ses églises favorites de France, mais aux Trois-Rois de Cologne, à Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle, à Saint-Servais d'Utrecht, à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Saint-Jean-de-Latran à Rome. Il se procura toutes les reliques et tous les remèdes que lui offrait l'Occident. Au pape, il emprunta le « corporal », c'est-à-dire le linge d'autel sur lequel saint Pierre était censé avoir chanté la messe. Il chargea Georges Bissipat, dit Georges le Grec, l'un de ses meilleurs capitaines de marine, de suivre avec trois navires les côtes occidentales de l'Afrique jusqu'aux îles du Cap-Vert, aux confins du monde alors connu, « pour y chercher certaines choses fort importantes pour la santé de sa personne ». Ces « choses » étaient très certainement de grandes tortues de mer. En effet, les médecins de l'époque considéraient qu'il n'y avait pas de meilleur remède contre la lèpre que de se baigner dans le sang de ces animaux(26), et il semble que les derniers mois de Louis aient été assombris par l'idée, apparemment gratuite, que l'inflammation cutanée dont il souffrait n'était autre que le résultat de cette terrible maladie. Travaillé par cette crainte, il implora l'aide de Laurent le Magnifique, à qui il demanda de lui procurer l'une des plus précieuses reliques du saint patron de Florence : l'anneau pastoral de l'évêque Zénobius, supposé guérir la lèpre. Cet anneau appartenait alors à une famille florentine qui, après plusieurs mois de palabres, accepta de le remettre à Laurent, qui s'empressa de le faire parvenir au roi avec quantité d'autres objets sacrés. Louis eut ainsi la consolation de le porter quelque temps, après quoi il revint à Florence dans une châsse d'or incrustée de pierreries.

Parmi les remèdes grâce auxquels Louis espérait recouvrer la santé, il y avait en outre le chrême dont étaient oints les rois de France à l'occasion de leur couronnement.

De tous côtés, le roi quêtait aussi l'appui de femmes et d'hommes saints susceptibles d'améliorer son état.

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MessageSujet: Re: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 15:32

La troisième thrombose et la mort

Le 25 août 1483, Louis eut une nouvelle thrombose cérébrale. Jusqu'au lendemain après-midi à quatre heures, il resta prostré « presque comme un homme mort ». Enfin, il reprit ses sens. Cependant, conscient qu'il était perdu, il se résolut à faire officiellement connaître que sa fin était proche. A son fils Charles, qu'il insistait désormais pour appeler « le roi », il envoya Pierre de Beaujeu, le chancelier, la majeure partie de sa garde royale et, ce qui est plus émouvant et peut-être plus significatif encore de son renoncement à la vie, tous ses veneurs et tous ses fauconniers.
Pourtant son incurable optimisme ne l'avait pas encore abandonné, et il continuait malgré tout à espérer, accordant un crédit tout particulier aux prières de François de Paule, qu'il convoquait souvent auprès de lui. Mais soudain, son théologien, Jean d'Arly, Olivier le Daim et Jacques Coitier vinrent mettre un terme à ses illusions:
« Sire, lui dirent-ils sans ménagement, n'ayez plus d'espérance en saint homme et en autres choses, car sûrement il en est fait de vous; et pour ce, pensez en votre conscience, car il n'y a nul remède. »

Et chacun d'ajouter encore quelques mots pour mieux lui faire comprendre que tout était fini. Cependant, le roi parvint encore à répondre:
«J'ai espérance que Dieu m'aidera, car par aventure [peut-être] je ne suis pas si malade que vous pensez. »:

Ce fut peut-être la dernière réplique, la dernière faiblesse du comédien. Car, par la suite, il sut accepter l'inévitable, et « toutes autres choses jusqu'à la mort plus vertueusement, nous dit Commynes, que nul homme que j'aie jamais vu mourir ».

Le 30 août, Louis XI entrait en agonie. Il demanda lui-même les saints sacrements, « se confessa très bien », et dit les prières qui convenaient à chacune de ces cérémonies. Il demeura « en grande santé de sens et d'entendement, en bonne mémoire, sans souffrir douleur que l'on connût », et continua de parler « jusques à une patenôtre avant sa mort ». Ses dernières paroles, il les adressa à Notre-Dame d'Embrun, opérant ainsi un retour en arrière vers l'époque où le Dauphiné était pour lui tout l'univers : « O Dame d'Embrun ! implora-t-il, ma bonne maîtresse, aidez-moi ! » Ensuite de quoi, il répéta les paroles du psalmiste : « In te, Domine, speravi, non confundar in aeternum, misericordias Domini in aeternum cantabo » (En Toi, Seigneur, j'ai placé mon espoir; que je ne sois pas confondu à jamais; je chanterai les miséricordes de Dieu dans l'éternité.)

Il mourut dans la soirée du 30 août 1483. « Il eut l'audace de préférer la ruse à la force et il eut la grâce de mettre en pratique un sens de l'humour qui fit de lui un étranger dans son époque. Quoiqu'il ait transformé un grand royaume et laissé à la postérité une brillante leçon de politique; peut-être n'est-il pas plus important par ce qu'il fit que par ce qu'il fut : une des personnalités les plus extraordinaires de tous les temps. » (Kendall.)

Conclusions.

En conclusion, Louis XI fut probablement un artérioscléreux présentant les symptômes désormais classiques de la maladie d'Alvarez(27) puis des thromboses cérébrales.
Quant à la dépression neuropsychique avec préoccupations hypocondriaques et idées de persécution, comme elle a précédé de peu la première crise cérébrale, elle paraît répondre à la mélancolie d'involution présénile et avoir été dans le domaine psychique la première manifestation de l'artériosclérose cérébrale, qui emporta, trois ans plus tard, le grand roi après une troisième crise.

Le célèbre psychiatre français Pinel s'est intéressé au cas de Louis XI:
« Une taciturnité sombre, une gravité dure et repoussante, les âpres inégalités d'un caractère plein d'aigreur et d'emportements, la recherche de la solitude, un regard oblique, le timide embarras d'une âme artificieuse trahissant, dans la jeunesse, la disposition mélancolique de Louis XI, et la fin de sa vie dans la solitude de Plessis-lez-Tours, sont le témoignage de ce délire exclusivement confirmé. »

Ce délire prenait des formes sadiques avec la fabrication de cages de fer pour les prisonniers, cages de fer qu'on redécouvrira lors de la guerre du Viêt-nam...

En bref, des antécédents héréditaires chargés, un physique disgracieux, une intelligence remarquable, mais sans scrupules, une autorité inflexible, une volonté de pouvoir, une défiance soupçonneuse, une cruauté sans pareille, une mégalomanie, ce sont les ingrédients classiques du tyran, du despote et du dictateur dont les nations ont parfois besoin pour vivre ou survivre.

Bibliographie
P. Champion : Louis XI et ses physiciens. Collection Les grands hommes et leurs médecins. Ciba, Lyon, 1935.
Ph. de Commynes : Mémoires. Edition Chantelauze. Librairie de Firm n-Didot, Paris, 1881.
L. Ipcar : Louis XI et ses médecins. Thèse de doctorat, Faculté de médecine de Paris, Ed. Le François, Paris, 1936.
P. M. Kendall : Louis XI. Ed. Fayard, Paris, 1974.
C. Robinson : Historical Pathology : The Case of King Louis XI of France. Amer. J. Insan. 75 : 155-186 1918.
J. Salmon : Jacques Coitier, médecin de Louis XI. Thèse de doctorat, Faculté de médecine de Paris. Ed. Vigne, Paris, 1930.


--------------------------------------------------------------------------------

1. Ms. M. Devant ce temps.
2. Ed. D. A. envieillir.
3. Ed. D. « Pres de Chinon, à son disner luy vint comme une percucion.» Notre manuscrit emploie cette expression: percussion, apoplexie (Roquefort). Sauvage et ses copistes mettent: une perclusion, le substantif de perclus.
4. Ed. D. Et toute cognoissance.
5. Ms. M. Estoyez, variante de estiez.
6. Ed. D. Quelque peu.
7. Ed. D. Puis monta à cheval.
8. Ms. M. Et au lieu de qui.
9. Quinze jours dans ce manuscrit, dans ceux, de la Bibliothèque nationale et dans l'édition Dupont. Quarante jours, dans toutes les autres éditions.
10. Ed. D. Qui l'avoient tenu par forçe
11. Ed. D. Et incontinent.
12. Ed. D. Mais les renvoya.
13. Ed. D. Pour le bien.
14. Ms. M. Son obéissance.
15. Ces mots : « Il scavoit que... » ne sont pas dans notre ms.
16. Ms. M. Il entra.
17. Ed. D. Qu'il ne vouloit plus manger... fut advisé, par le conseil de ses médicins.
18. Ed. D. Et peu apres.
19. Ed: D. Merveilles que ainsi l'on l'avoit tenu.
20. Une des anciennes variantes du verbe maistriser. L'Ed. D. donne cette dernière forme.
21. Ed. D. Soubz couleur de dire que son sens ne fust pas bon, ne suffisant.
22. Ed. D. Cest epoventement. La forme espaventement est plus ancienne, du latin expaventem (La Curne de Sainte-Paleye).
23. Ces mots : qu'il avoit esté mallade, ne sont pas dans notre manuscrit.
24. Ed. D. Logiez.
25. Nous laissons ici le terme de malaria, à la place de paludisme, car, effectivement, en 1927 on parlait de malariathérapie, méthode qui consistait à inoculer un paludisme bénin aux malades atteints de paralysie générale consécutive à la syphylis et à arrêter les accès ainsi provoqués avec de la quinine.
26. Le fait qu'il ait eu recours à cette médecine est peut-être à l'origine de l'histoire, répandue par les princes après sa mort, selon laquelle il aurait bu du sang de nourrisson.
27. La maladie d'Alvarez, qui porte le nom de son « découvreur » Walter C. Alvarez (1884 - 1978), est une succession de légers accidents siégeant au niveau des vaisseaux du cerveau qui constituent autant de signes annonciateurs de délabrements plus graves, qui pourraient certes être évités s'il était porté une attention plus grande à ces mini-incidents, souvent suivis par des altérations du caractère.


source internet site de Pierre JUILLOT
I.P.H.C Strasbourg

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MessageSujet: Re: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 17:06

c'est super interressant!
je suis preneuse d'autres explications sur nos rois, reines ou autres grands personnages historiques!
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MessageSujet: Re: Bulletin de santé de Louis XI   Mar 7 Oct 2008 - 19:20

je suis ravi de voir que la santé de votre bon roi et mauvaise.......

mais tres interessant ...
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